Une équipe, des jeux, du suivi dans les communautés

Un an seulement. Un an déjà.  Laissez nous vous présenter l’équipe de choc que nous avons mise en route, que nous suivons et qui, mois après mois,  nous épate.

D’abord, Divine Bahati, la coordinatrice d’EPA, la figure de notre projet sur place.

Elle est psychologue mais  a aussi été comédienne. C’est une femme pleine de ressources et d’énergie. Elle sillonne les villages, rencontre les familles. Elle marche, des kilomètres parfois pour atteindre certaines d’entre elles. Elle collabore avec les acteurs de la Clinique de Panzi où elle est basée, mais aussi avec les projets ou associations qui sont actifs dans les villages.  Côté formation, elle en reçoit et elle en donne aux 3 assistantes psycho-sociales qui sont elles basées dans les villages, faisant partie de la communauté où vit la centaine de fillettes que nous avons répertoriée et inscrite dans notre projet de suivi.

Les 3 jours de formation de février dernier ont été particulièrement riches en apports mutuels. Nous sommes arrivées avec des concepts, du matériel, des outils simples d’observation des enfants. Elles les ont « traduit » dans les habitudes et pratiques locales. L’hybridation a été très productive !

Parlons d’elles, nos trois assistantes.

Wivine, Micheline et Anna.

C’est à elles qu’il revient d’organiser avec les mamans locales, les moments de jeux et les activités qui vont leur permettre d’observer les petites filles, parmi les autres enfants. C’est elles qui vont à chaque contact, remplir le « pentagone d’équilibre » outil élaboré par EPA pour suivre et surtout pour observer les changements, évolutions, modifications dans le comportement des enfants. Elles apprennent que le jeu a une autre fonction que celle de distraire, . D’autant que dans ces familles très pauvres, on n’est pas un enfant très longtemps. Très tôt, les enfants doivent contribuer à la  ( sur)vie familiale. Ces moments et espaces de jeux ont donc une très grande valeur pour tous. Plasticine, marionnettes, tissus, poupées fabriquées sont autant de précieux objets qui permettent aux enfants de montrer, d’exprimer, parfois de dire ce qui les habite.

C’est ensuite à Divine de collecter les informations, de suivre, de faire le point avec nous et avec la Clinique de Panzi, sur ce qu’il est possible de faire pour les enfants qui ont besoin d’un suivi approfondi, médical ou psychologique. Nous suivons actuellement plus de 60 enfants violées de moins de 10 ans dans 3 villages (Bunyakiri, Minova et Kavumu) et organisons des activités créatives pour elles mais aussi pour les autres fillettes des villages pour favoriser leur intégration sociale.
A partir de ce travail de terrain très riche et plein d’espoir, nous sommes en train de conceptualiser les choses, d’identifier et de construire des méthodes de suivi et d’accompagnement de ces enfants qui pourraient valoir ailleurs dans le monde, là où on a tenté de briser la vie de fillettes qui sont les femmes de demain de leurs communautés.  Nous organiserons un colloque académique fin 2017 pour mettre à plat et partager avec d’autres acteurs académiques et de terrain les expériences et les questions qu’elles suscitent.

 

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