Des faits, de l’espoir et des vœux pour 2017

Divine, Yvette, Justin et les autres pour Camille, Espérance et Gloria.

2016 : une année marquée par une multitude d’événements tragiques à travers le monde. L’inquiétude menace, le découragement pourrait gagner du terrain… En RDC, on retient son souffle après ce 19 décembre. Mais dans la province du Kivu, comme c’est le cas depuis des années, la sécurité pour tous, singulièrement pour les femmes et petites filles, reste plus un objectif qu’une réalité. Pour « Les enfants de Panzi et d’ailleurs », l’heure n’est pas au découragement. C’est même le contraire.

Grâce à vos dons, chaque jour de cette année, ce que nous avions projeté a pris forme et visage. Divine Bahati, la coordinatrice dont le point d’ancrage est à Panzi n’a pas ménagé sa peine. Basée à la Fondation Panzi, elle tisse avec nous, à distance et sur place, le réseau nécessaire, développe le partage d’informations et les collaborations. Cela va de la collecte des données concernant les fillettes, avec toute la déontologie et le respect de la propriété de celles-ci, à une rencontre concrète, sur le terrain, dans leur village, avec leur famille dans les 3 zones que nous avons déterminées. Vu d’ici, ça n’a l’air de rien. Mais pour Divine, ces visites s’apparentent à des expéditions. Parfois le bateau, toujours la voiture sur de mauvaises routes, surtout à la saison des pluies. Certaines de ces familles vivent loin des villages. Il y a parfois jusqu’à 20km à parcourir à pied vers des habitations isolées. Dans chacune des localités, à Kavumu, Bunyakiri et Minova, il a aussi fallu repérer et ensuite engager celles qui vont suivre au jour le jour les enfants. Grâce à votre soutien, c’est chose faite. Ces assistantes, nous les rencontrerons début 2017 lors de notre quatrième mission sur place, pour assurer la meilleure (in) formation, pour les écouter et chercher avec elles comment être plus efficace dans le suivi des enfants, comment améliorer leur feuille de route. Les lieux et moments de rencontre avec les fillettes sont établis. Après l’école bien sûr. Des espaces de jeux thérapeutiques, lieux équipés de matériel ludique léger, mais surtout animés, entre autres avec les mamans du village sont en préparation. Ils permettront non seulement aux enfants victimes de jouer au milieu d’autres, mais surtout à celles que nous avons engagées de les observer jouant et dans leurs relations aux autres enfants et adultes, de les suivre semaine après semaine, de repérer tout ce qui pourrait exiger un suivi particulier.
Travailler avec ces familles pour l’avenir des fillettes victimes signifie aussi les impliquer. Il en va de même des autres partenaires, autorités, ONG et acteurs locaux engagés à leurs côtés. C’est ensemble, y compris avec la communauté locale, que l’appropriation et la validité de l’approche psycho-sociale gagneront du terrain.

Impossible de faire tout cela par skype ou seulement à distance. Un projet comme celui-là doit sans cesse être ajusté dans ses modalités. Nous l’avons mesuré de très près lors de plusieurs missions sur le terrain, en janvier, juillet et octobre. Des semaines à la fois sobres et intenses, durant lesquelles pas une minute n’est perdue. Il s’agit à chaque fois de tirer profit de toutes les informations et de tous les contacts pour affiner les aspects opérationnels, pour faire face aux imprévus. Et des imprévus, il y en a beaucoup ! La mission d’octobre a permis de prendre la mesure de la situation des familles de Kavumu, l’un des villages qui par le nombre de petites victimes qu’il compte s’imposait à nous comme l’un des villages dans lesquels il était important de suivre les enfants. C’était notre troisième mission sur place, les deux précédentes, en janvier et en juillet ayant permis d’abord d’identifier les actions utiles et les interlocuteurs, en lien avec ce qui existe sur le terrain, de contribuer à la formation des acteurs psycho-sociaux de la Fondation Panzi et enfin de pratiquer les engagements nécessaires.

Vos dons et vos soutiens ont rendu tout cela possible. Soyez-en très sincèrement remerciés.

La lutte contre l’impunité pour les auteurs de viol sur ces très jeunes enfants n’est pas moins importante pour leur avenir et celui de leur communauté. Elle en fait d’ailleurs largement partie. 

Sans y être impliquées directement, nous suivons de près le travail de préparation de la défense d’une trentaine de petites victimes de Kavumu, dont la coordination a été confiée à une Task Force locale constituée d’experts et avocats locaux, suivie et conseillée à distance par les meilleurs spécialistes en cette matière au niveau international. Les auteurs présumés, accusés des viols et violences qu’elles ont subis, sont en prison. Le procès devrait avoir lieu à Bukavu en 2017. La protection de ces familles et la nécessité d’éviter aux fillettes de nouveaux traumatismes quelques années après les faits sont au centre de cette préparation, avec la collaboration de différents acteurs spécialisés et experts. Des auditions filmées ont été organisées en décembre pour éviter que les enfants n’aient à répéter une fois encore les faits lors du procès. C’est d’ailleurs une première en RDC. Les parents ont également été entendus par Justin Cikuru, psychologue à la Fondation Panzi (INSERER PHOTO) avec la contribution de la Clinique juridique de Panzi, via entre autres Maitre Yvette Kabuo (insérer Photo).

Il reste bien des étapes à franchir sur lesquelles ceux qui aujourd’hui offrent soutien et assistance judiciaire aux familles des victimes n’ont pas une prise directe. La plupart des familles concernées sont assez désabusées vu l’absence de condamnation ou de réparation intervenue dans des cas similaires dans le passé. On peut les comprendre : pour elles, la justice est plus souvent source de problème que de vérité et de réparation. Il faudra cependant faire tout ce qui est possible pour garantir un procès équitable, peut-être même exemplaire. Ce serait dans l’intérêt de tous.

Vous voulez (continuer de) nous soutenir dans ce travail, et donc soutenir ces enfants, celles qui travaillent à leurs côtés ?
Rejoignez ceux qui l’ont déjà fait.

Ce site vous informera du travail réalisé sur le terrain et des activités que nous organiserons tout au long de l’année 2017. Ce seront autant d’occasions, en Wallonie et à Bruxelles, mais aussi à Genève, à New-York et ailleurs, pour vous tenir informés et…mobilisés.

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